Le siège de la BCE dans le district bancaire de Francfort le 29 avril 2026. ( AFP / Kirill KUDRYAVTSEV )
Les néobanques, ou banques en ligne, en plein essor en zone euro, ajustent plus rapidement la rémunération des dépôts de leurs clients, en réponse à la politique monétaire, alors que ce n'est pas le cas de leurs taux de crédit, selon une analyse de 170 d'entre elles publiée mercredi par une experte sur le blog la BCE.
Durant le resserrement monétaire de 2022-2023, le taux de référence sur les dépôts passant de -0,5% à 4,0% -, les néobanques ont relevé "plus fortement et plus rapidement" les taux offerts aux épargnants que leurs concurrentes disposant d'un réseau d'agences, évitant ainsi une fuite des dépôts, selon cette source.
Dans le même temps, leurs taux de crédit n'ont pas été davantage relevés que ceux de leurs concurrentes, ce qui a "comprimé leurs marges" et les a contraintes à ralentir leur offre de crédit, écrit l'auteure de la note, qui n'engage pas nécessairement la Banque centrale européenne (BCE).
Les gardiens de l'euro à Francfort avaient opéré le resserrement monétaire entre 2022 et 2023, en réponse à une forte poussée d'inflation, causée par l'attaque de l'Ukraine par la Russie.
Lors du début de l'assouplissement monétaire qui a suivi - le taux de référence étant ramené de 4% à 2% entre septembre 2024 et juin 2025 - , les banques numériques ont, à l'inverse, réduit "plus rapidement que les banques traditionnelles" les taux offerts aux nouveaux déposants, contribuant à la normalisation de leurs marges, mais au prix d'un ralentissement des entrées de dépôts.
L'auteure, l'économiste Katarzyna Budnik, experte en modèle de stabilité financière à la BCE, a basé son analyse sur un panel de plus de 170 néobanques opérant dans la zone euro.
Ces banques en ligne sont en moyenne plus petites que leurs homologues disposant d'agences, et tirent une part plus importante de leurs revenus des commissions, en plus des revenus d'intérêts.
Pour la politique monétaire, cela implique une transmission "plus rapide et plus intense" des décisions de la BCE sur les taux de dépôts, tandis que les taux de crédit restent "rigides ", freinant l'expansion du crédit lors des phases de resserrement, résument les auteurs.
Cela a aussi des implications pour la stabilité financière, alors que des tests de résistance effectués cette année tiendront compte à la fois des "pressions sur les marges liées à un ajustement rapide des dépôts" et de "la capacité des banques à absorber ces chocs".

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